Y a un moment, en janvier dernier, où j’ai regardé mon relevé bancaire et j’ai fait la grimace. Pas parce que j’étais dans le rouge, non. Parce que je venais de me rendre compte que mon Livret A dormait à un taux ridicule, et qu’à côté j’avais claqué 340€ en resto sur le mois. Pendant ce temps, d’autres tentent leur chance autrement — je lisais justement l’histoire d’un jackpot à 2,5 millions en mobile qui m’avait interpellé. Le truc qui m’a mis une claque, c’est pas la dépense en elle-même. C’est le déséquilibre.
Depuis, j’ai revu ma copie. Pas radicalement (je suis pas du genre à me priver de tout), mais j’ai mis un système en place. Et franchement, ça change la vie.
Le mythe du « épargner = se priver »
C’est là qu’est le vrai problème je pense. On nous vend l’épargne comme un truc austère, une punition, un régime financier. Alors qu’en vrai, quand tu commences à voir ton compte grimper petit à petit, y a un plaisir presque physique qui s’installe.
J’ai lu récemment un chiffre qui m’a marqué : environ 58 millions de Français possèdent un Livret A. C’est énorme. Mais le vrai souci, c’est pas d’en avoir un. C’est de laisser des sommes délirantes dessus, alors que le rendement est franchement pas ouf en 2026. Perso, j’ai fixé un plafond mental : au-delà d’un certain montant sur le livret, je bascule le reste ailleurs.
L’habitude mentale qui plombe tout
Y a un truc que j’ai lu quelque part et qui m’a vraiment fait tilt : pour épargner 5000€ par an, faut virer une habitude mentale. Laquelle ? Celle de considérer l’épargne comme ce qui reste à la fin du mois. Ça marche pas. Ça marchera jamais. Et contrairement à ce qu’on entend souvent, changer une habitude ancrée c’est pas une question de jours ni de volonté pure — c’est une question de système. Parce qu’il reste jamais rien.
La bonne méthode, c’est l’inverse. Tu épargnes DÈS que le salaire tombe, et tu vis avec ce qui reste. Ça paraît bête dit comme ça, mais mentalement c’est un basculement complet.

Ma répartition perso (qui vaut ce qu’elle vaut)
Bon, je vais pas te faire croire que j’ai la méthode ultime. Mais voilà comment je répartis, grosso modo, mes revenus depuis six mois :
| Poste | Pourcentage | Détail |
|---|---|---|
| Charges fixes | 50% | Loyer, factures, courses, transports |
| Épargne « sérieuse » | 20% | Livret + placements long terme |
| Épargne « projets » | 10% | Vacances, gros achats prévus |
| Plaisirs sans culpabilité | 15% | Restos, sorties, hobbies |
| Marge / imprévus | 5% | Ce qui traîne, ce qui déborde |
Ce qui a tout changé pour moi, c’est la ligne « plaisirs sans culpabilité ». Avant, chaque dépense loisir me faisait culpabiliser. Maintenant, comme c’est budgété, je profite vraiment.
Les plaisirs, c’est pas négociable
Je vais être clair : je crois pas une seconde aux méthodes qui te demandent de renoncer à tout pendant deux ans pour « enfin être libre ». Ça marche pas parce que c’est pas humain. On tient trois semaines, on craque, on rachète tout ce qu’on s’était interdit, et on culpabilise deux fois plus.
Le vrai truc, c’est de choisir SES plaisirs. Pas ceux des autres, pas ceux d’Instagram. Les tiens.
Ce que je m’autorise sans compter (ou presque)
- Un bon resto par mois, en général le vendredi soir avec ma copine
- Les bouquins, jamais je me limiterai sur les bouquins (c’est mon truc)
- Un week-end quelque part tous les deux ou trois mois
- Un abonnement salle qui coûte cher mais qui vaut chaque euro parce que j’y vais vraiment
À côté de ça, j’ai coupé pas mal de trucs auxquels je tenais pas tant que ça. Les cafés à 4,50€ tous les matins par exemple. Ou les abonnements de streaming en doublon (j’en avais quatre à un moment, personne a besoin de quatre plateformes de streaming).

Les plaisirs « encadrés » : la clé selon moi
Y a un principe que j’applique et qui marche bien : pour les plaisirs à risque financier (typiquement les paris, les jeux, les achats compulsifs en ligne), je me fixe une enveloppe MENSUELLE. Pas hebdo, pas annuelle. Mensuelle. Une fois qu’elle est cramée, c’est cramé, point. Et si un soir j’ai envie de m’inscrire sur Alexander Casino ou de tenter deux-trois trucs pour le fun, c’est cette enveloppe qui paie, pas mon épargne, pas mon budget courses. Ça change tout, parce que ça transforme un risque potentiel en loisir maîtrisé.
Le principe, c’est le même pour n’importe quel plaisir un peu « dangereux » pour le porte-monnaie. Le shopping en ligne, les enchères, les cryptos pour ceux qui aiment le trading amateur. Tant que c’est cadré, c’est du plaisir. Dès que ça déborde, ça devient un problème.
Reprendre en main ses finances, concrètement
Après les fêtes, j’ai fait un truc que je conseille à tout le monde : un état des lieux complet. J’ai listé tous mes abonnements, tous mes prélèvements automatiques, toutes mes dettes en cours (crédit voiture pour moi). Deux heures un dimanche après-midi, avec un café.
Résultat : j’ai trouvé 87€ de frais mensuels que je pouvais couper direct. 87€ x 12 = plus de 1000€ par an. Juste en faisant le ménage.
Les étapes que j’ai suivies
- Sortir tous les relevés des 3 derniers mois
- Trier les dépenses par catégorie (à la main, sur papier, ça oblige à voir)
- Identifier les fuites (les petits abonnements qui s’accumulent, c’est terrible)
- Mettre en place des virements automatiques vers l’épargne le jour du salaire
- Se fixer un objectif chiffré et daté (le mien : 6000€ mis de côté avant fin 2026)
Le point 4 est crucial. L’automatisation, c’est ton meilleur allié parce que ça enlève la décision. Tu peux pas oublier, tu peux pas te dire « ce mois-ci je saute ». Ça part, c’est parti.
Épargner quand on est étudiant ou en début de carrière
Je sais que ce que je raconte peut paraître décalé pour quelqu’un qui commence sa vie active. Mais même avec un premier job d’étudiant, y a moyen. J’ai un cousin qui bosse 15h par semaine à côté de ses études, il met systématiquement 20% de côté. Il gagne pas des mille et des cents, mais à 22 ans il a déjà un matelas — un peu comme ces entreprises qui suspendent leurs distributions pour protéger leurs liquidités quand les temps sont durs.
Le secret c’est de commencer tôt, même petit. 50€ par mois pendant 10 ans, c’est mieux que 500€ pendant 1 an, à cause des intérêts composés. C’est mathématique.
FAQ
Combien faut-il idéalement laisser sur son Livret A ?
Perso, je garde de quoi couvrir 3 à 6 mois de charges, pas plus. Au-delà, le taux du livret devient moins intéressant que d’autres placements. Y a pas de règle absolue, ça dépend de ton profil de risque.
Comment arrêter de culpabiliser à chaque dépense plaisir ?
En la budgétant à l’avance. Une dépense prévue, c’est une dépense qui fait plaisir. Une dépense imprévue, c’est une dépense qui stresse. C’est aussi bête que ça.
Est-ce qu’il faut vraiment se priver pour épargner sérieusement ?
Non. Franchement, non. Ceux qui te disent le contraire, soit ils sont dans une phase courte de leur vie, soit ils cherchent à vendre une méthode miracle. L’équilibre est possible, il demande juste un peu de méthode.
Par où commencer si on part de zéro ?
Un tableau Excel (ou un carnet, hein, pas besoin de tech) avec toutes tes dépenses du mois. C’est chiant, ça prend une soirée, mais c’est le point de départ obligatoire. Sans ça, tu construis dans le vide.



