J’ai compté hier soir. Onze cartes de fidélité dans mon portefeuille physique, et probablement le double en version dématérialisée dans mon téléphone. Onze. Pour quelqu’un qui pensait sincèrement ne « pas être client de ce genre de trucs ».
Le pire, c’est que j’en utilise activement peut-être trois.
Le grand retour (bizarre) de la carte de fidélité
On a longtemps cru que les programmes de fidélité étaient un truc de boomer, un peu ringard, condamné à disparaître sous l’avalanche des promos flash et des codes promos Instagram. Sauf que non. En 2026, c’est l’inverse qui se passe. Les marques relancent des programmes, les repensent, les rendent plus complexes aussi. Five Guys vient à peine de lancer son programme en France, avec des frites offertes dès la première visite (bon, ok, ça marche sur moi, je l’avoue). Starbucks a refondu son programme Récompenses en trois paliers pour segmenter ses clients selon leur intensité de consommation. Même Golf Plus, une enseigne franchement de niche, a monté un système qui transforme les achats en récompenses concrètes. C’est un peu comme Apple qui sort un effet lumière virtuel pour appels vidéo : on se demande si c’est vraiment utile, et puis on se retrouve à l’utiliser sans se poser de questions.
Le truc c’est que les marques ont compris un truc que les études martèlent depuis des années : garder un client coûte 5 à 7 fois moins cher que d’en trouver un nouveau. Et avec l’inflation qui rend chaque euro dépensé plus scruté, la bataille se déplace. On ne cherche plus à séduire, on cherche à retenir.

Points, cashback, statuts : c’est devenu un labyrinthe
Y’a plusieurs écoles de programmes aujourd’hui, et clairement toutes ne se valent pas. Franchement, si vous prenez le temps de regarder ce que propose chaque enseigne, vous vous rendez compte que certains programmes sont juste des attrape-données déguisés. D’autres, à l’inverse, sont vraiment généreux (les programmes de casinos en ligne comme ceux qu’on trouve quand on va s’inscrire sur Alexander Casino font partie des plus agressifs sur le sujet, avec des systèmes de VIP à paliers assez sophistiqués).
Concrètement, ce qu’on croise le plus souvent :
- Les programmes à points classiques : tu dépenses, tu accumules, tu échanges. Simple, un peu daté, mais toujours efficace pour les gros consommateurs.
- Les cashback directs : tu récupères un pourcentage de tes achats. Plus transparent, moins ludique.
- Les paliers/statuts : tu grimpes des échelons (bronze, argent, or, platine, on connaît la chanson) qui débloquent des avantages différents. C’est ce qu’a fait Starbucks avec sa refonte à 3 niveaux.
- Les récompenses expérientielles : au lieu de te filer un truc gratuit, on t’offre une expérience (accès prioritaire, événements, contenus exclusifs).
Perso, ma préférence va aux systèmes à paliers, à condition que les paliers soient atteignables. Parce que le pire truc au monde, c’est un statut « or » fantôme qui demande 3000 balles de dépense annuelle. Personne n’y arrive, personne n’en profite, le programme sert à rien.
L’épicerie, ce cas d’école
Un truc que je trouve fascinant, c’est comment le monde de la grande distribution est en train de bouger. Pendant des décennies, la carte de fidélité de l’enseigne, c’était LE truc. Tu remplissais ton caddie, tu passais la carte, tu accumulais des sous à valoir sur les prochains achats. Sauf qu’aujourd’hui, avec la pression sur le pouvoir d’achat, la carte seule ne suffit plus. Les consommateurs veulent des rabais immédiats, des promos ciblées via l’appli, du contenu personnalisé selon leur historique d’achat.
C’est un peu la fin d’une époque.
Les enseignes qui s’en sortent le mieux sont celles qui ont fusionné leur carte physique avec une appli intelligente, qui pousse des offres pertinentes au bon moment. Genre, si t’achètes du café tous les 15 jours, l’appli te balance une promo sur ta marque préférée le jour où tu vas normalement en racheter. C’est pas magique, c’est juste de la data bien utilisée.
Ce qui fait qu’un programme marche (ou pas)
Après avoir zappé une bonne partie de mes cartes ces derniers mois, j’ai identifié ce qui fait qu’un programme me retient vraiment :
- La récompense doit être atteignable rapidement. Si je dois attendre 6 mois pour un café gratuit, laisse tomber. Le rush de dopamine doit venir vite.
- Ça doit être simple à comprendre. Les programmes avec 12 catégories, 4 devises virtuelles et un système de conversion opaque, c’est mort.
- L’appli doit pas être pourrie. Ça paraît bête mais je vous jure, certaines applis de grandes enseignes datent visuellement d’il y a 10 ans.
- Il faut une part de surprise. Les meilleurs programmes intègrent des cadeaux inattendus, des bonus surprises. Ça change tout dans la perception.
- Le respect de la vie privée. Je veux bien filer mes données, mais pas être bombardé de 4 mails par jour.
Les outils, côté marques, ont explosé
De l’autre côté du miroir, pour les entreprises qui veulent monter leur propre programme, l’offre logicielle a complètement changé. Il y a maintenant des dizaines de plateformes spécialisées dans la fidélisation, avec des tarifs qui commencent à quelques dizaines d’euros par mois. Ce qui était réservé aux grandes enseignes il y a 5 ans est aujourd’hui accessible à n’importe quel commerce indépendant. Le boulanger du coin peut lancer son programme digital en une après-midi.
C’est probablement une des raisons pour lesquelles on voit fleurir autant de nouveaux programmes en ce moment. Le ticket d’entrée technologique s’est effondré.
Est-ce que je vais continuer à collectionner les cartes ? Sans doute. Est-ce que je vais utiliser plus de trois d’entre elles ? Probablement pas non plus. Mais bon, tant qu’on m’offre des frites de temps en temps, je me plaindrai pas.



